Le cerveau et le cheval, un centaure scientifique…

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Manuel observe les progrès spectaculaires de Brian sur Navajo

La réadaptation neurologique nous apprend la patience et parfois l’étonnement. Lors de ma première visite à Equiphoria il y a trois ans, j’ai vu un patient, lourdement handicapé par des troubles du spectre autistique, arrêter subitement ses mouvements stéréotypés sur notre jument Olga. Quelque temps après, j’ai vu un autre patient avec des sérieux problèmes neurologiques touchant sa motricité globale et fine, se redresser et maintenir sa position assise pendant plus d’une demie heure sur Navajo sans aide extérieure, malgré des graves problèmes d’équilibre et de posture, et cesser au même temps tout mouvement anormal, dit athétosique, de ses membres supérieurs. Il s’agit de deux patients parmi beaucoup d’autres, il s’agit aussi, pour moi, de l’origine de cette aventure scientifique et humaine.

Nous avons toujours cherché à comprendre le fonctionnement du cerveau. Nous avons sans cesse développé des outils pour étudier jusqu’à l’infiniment petit ce système tellement exceptionnel mais tellement énigmatique. Nous avons toujours été un peu démunis face à un patient présentant un déficit neurologique. Les clés de la réparation ne nous ont pas été dévoilées à ce jour malgré tant d’efforts, tant de cliniciens clairvoyants et dévoués, tant de chercheurs brillants et exceptionnels.

Notre métier s’est donc limité à devenir des sémiologues hors paire particulièrement au cours du 20e siècle, des Charcot, des Parkinson, des Babinski, des Broca, des Ramon y Cajal, à caractériser jusqu’au moindre détail les différentes maladies du cerveau qui frappaient des êtres dès la petite enfance ou à l’âge adulte, qui anéantissaient l’innocence de l’enfance, qui engloutissaient les rêves de l’adulte, qui effaçaient le riche vécu du vieillard.

Quant aux traitements, quel est le bilan ? Impasses, solutions partielles, tâtonnements, espoirs trop souvent déçus, pistes pharmacologiques abandonnées, et surtout énormément de souffrance.

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A cheval entre rééducation et plaisir

La rééducation fonctionnelle dans la maladie neurologique est basée sur le principe de la plasticité neuronale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à se réorganiser et à se reconfigurer par l’expérience ou l’apprentissage ; processus qui est en constant fonctionnement.

Par conséquent, notre cerveau est capable de se réorganiser et de se reconfigurer suite aux stimuli qu’il reçoit. Il faut donc envoyer des stimuli corrects afin que le cerveau reçoive les bonnes informations et les intègre par la répétition. Et voilà le fondement de la rééducation neurologique!

A partir de ce principe, plusieurs théories et techniques se sont développées, toujours afin de stimuler correctement le système nerveux et de faciliter, grâce à sa plasticité, la reconfiguration cérébrale.

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Le plaisir d’André à cheval

André est un jeune homme de 24 ans qui vient à Equiphoria de façon hebdomadaire. Il suit un programme d’hippothérapie défini par des axes kinésithérapeutiques, afin de travailler son corps en globalité.

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