Ma première rencontre entre le cheval et l’homme

equiphoria_auroreetolga

Aurore en séance avec Olga

Equiphoria accueille pour la première fois Sylvain, un jeune homme atteint de psychose. Il est fragile, replié sur lui-même et lorsque je m’adresse à lui, son regard me fuit et le son de sa voix est inaudible.

Sylvain découvre ce nouveau lieu avec un mélange d’émerveillement et de peur. Sa démarche est en proie aux stéréotypies et aux mimiques. Arrivé, il erre comme s’il attendait de découvrir un but, un objectif. C’est la rencontre avec sa jument Olga, qui va lui permettre de retrouver une force pour surmonter ce monde sans aucune frayeur. Olga lui apporte ce sentiment de contenance physique et psychique qui le canalise.

Jour après jour, les changements deviennent visibles et surprenants. Peu sûr de lui au début, Sylvain tente de guider Olga avec un fort besoin d’étayage des professionnels. Seul, auprès de sa jument, il fait des petits tours sur lui-même. Les exercices au sol avec ce compagnon qu’est le cheval vont lui permettre de travailler sur ses émotions. L’humain ne peut duper le cheval qui pointe cette partie de nous que l’on tente de dissimuler au monde entier, ce centre, cette partie qui se cache sous des multiples couches d’inhibition. Le fait de travailler côte à côte va amener Sylvain à découvrir ses émotions, mettre des mots dessus et tenter de les canaliser pour travailler avec Olga. Sous les yeux de ses parents, Sylvain va se dépasser. Le cheval va l’amener dans un lieu immergé depuis longtemps, un lieu qui renferme une grande combativité.

C’est ensuite sans aucune peur que Sylvain va relever le défi de la voltige. Son pas est chaque jour plus assuré, son objectif se définit. Le premier pansage laborieux envers Olga finit par un pansage sans fausse note, il gagne en autonomie, il ne déambule plus autour du cheval.

Le plus plaisant est cette force qui va grandir chez ce jeune homme, lui donnant un objectif, une assurance, une envie de finir ce qui a été entrepris. Les parents, spectateurs de ce changement, eux aussi touchés par l’évolution de leur fils, regardent ce travail qui va leur donner la force de continuer et d’avancer.

Lire la suite

Publicités

Le cerveau et le cheval, un centaure scientifique…

equiphoria_séanceréadaptation

Manuel observe les progrès spectaculaires de Brian sur Navajo

La réadaptation neurologique nous apprend la patience et parfois l’étonnement. Lors de ma première visite à Equiphoria il y a trois ans, j’ai vu un patient, lourdement handicapé par des troubles du spectre autistique, arrêter subitement ses mouvements stéréotypés sur notre jument Olga. Quelque temps après, j’ai vu un autre patient avec des sérieux problèmes neurologiques touchant sa motricité globale et fine, se redresser et maintenir sa position assise pendant plus d’une demie heure sur Navajo sans aide extérieure, malgré des graves problèmes d’équilibre et de posture, et cesser au même temps tout mouvement anormal, dit athétosique, de ses membres supérieurs. Il s’agit de deux patients parmi beaucoup d’autres, il s’agit aussi, pour moi, de l’origine de cette aventure scientifique et humaine.

Nous avons toujours cherché à comprendre le fonctionnement du cerveau. Nous avons sans cesse développé des outils pour étudier jusqu’à l’infiniment petit ce système tellement exceptionnel mais tellement énigmatique. Nous avons toujours été un peu démunis face à un patient présentant un déficit neurologique. Les clés de la réparation ne nous ont pas été dévoilées à ce jour malgré tant d’efforts, tant de cliniciens clairvoyants et dévoués, tant de chercheurs brillants et exceptionnels.

Notre métier s’est donc limité à devenir des sémiologues hors paire particulièrement au cours du 20e siècle, des Charcot, des Parkinson, des Babinski, des Broca, des Ramon y Cajal, à caractériser jusqu’au moindre détail les différentes maladies du cerveau qui frappaient des êtres dès la petite enfance ou à l’âge adulte, qui anéantissaient l’innocence de l’enfance, qui engloutissaient les rêves de l’adulte, qui effaçaient le riche vécu du vieillard.

Quant aux traitements, quel est le bilan ? Impasses, solutions partielles, tâtonnements, espoirs trop souvent déçus, pistes pharmacologiques abandonnées, et surtout énormément de souffrance.

Lire la suite

Vers une ouverture sur le monde…

C’est la rencontre avec Elodie, une adolescente avec Troubles du Spectre Autistique, qui est à l’origine du cheminement qui va suivre.

La Rencontre avec Elodie… C’est un bien grand mot ! Disons plutôt un parcours semé d’embûches, pour aller la chercher là où elle est et lui donner envie de partager un moment avec nous… Quand il est si difficile d’aller à la rencontre d’un autre qui nous semble si lointain, mystérieux, différent, le cheval est alors un véritable support, voire même un modèle : sa disponibilité, son « accueil inconditionnel » sont des clés qui permettent d’ouvrir les bonnes portes.

Lire la suite

A cheval entre rééducation et plaisir

La rééducation fonctionnelle dans la maladie neurologique est basée sur le principe de la plasticité neuronale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à se réorganiser et à se reconfigurer par l’expérience ou l’apprentissage ; processus qui est en constant fonctionnement.

Par conséquent, notre cerveau est capable de se réorganiser et de se reconfigurer suite aux stimuli qu’il reçoit. Il faut donc envoyer des stimuli corrects afin que le cerveau reçoive les bonnes informations et les intègre par la répétition. Et voilà le fondement de la rééducation neurologique!

A partir de ce principe, plusieurs théories et techniques se sont développées, toujours afin de stimuler correctement le système nerveux et de faciliter, grâce à sa plasticité, la reconfiguration cérébrale.

equiphoria_andre3

Le plaisir d’André à cheval

André est un jeune homme de 24 ans qui vient à Equiphoria de façon hebdomadaire. Il suit un programme d’hippothérapie défini par des axes kinésithérapeutiques, afin de travailler son corps en globalité.

Lire la suite

Une séance sans parole

olga dans la neige

Le silence d’un paysage enneigé

Comment mieux mesurer l’importance de la parole dans une rencontre, autrement que par le silence ?

C’est une expérience qu’il faut vivre pour faire évoluer les moyens et les méthodes de communication. Et c’est ce que j’ai pu vivre lors d’une séance à Equiphoria.

Approcher un patient sans lui parler, n’aller à sa rencontre que par d’autres canaux sensoriels : la vue, l’ouïe, le toucher, qui par conséquent s’affinent ; quelle découverte! Tout devient plus fort : le lien avec le patient, mais aussi avec mes collègues : nous devons trouver d’autres manières d’échanger que la parole durant la séance, ce qui stimule la créativité, le partage et la nécessité d’aller à l’essentiel.

Le lien avec le cheval est aussi plus fort : il n’y a plus de bruit que son pas régulier, qui vient donner le rythme de la séance.

Lire la suite

Ensemble

A Equiphoria,  les axes thérapeutiques peuvent entraîner l’intervention de différents professionnels auprès d’un patient au cours de son programme. Les séances sont préparées en équipe pluridisciplinaire, ce qui fait que sur le terrain, les fonctions de chacun sont prédéfinies selon les objectifs de travail.

equiphoria_la patience d'Olga

La patience d’Olga

Pour moi, en tant que kinésithérapeute, ce n’est pas toujours facile de travailler avec des personnes ayant des troubles du comportement ou avec des personnes autistes. Donc, appartenir à une équipe pluridisciplinaire est essentiel pour apprendre des différents professionnels, toutes les approches possibles et grandir comme thérapeute.

Lire la suite

Un cheval qui pousse à grandir…

Premier jour à Equiphoria : Robin est un pile électrique. Aux prises avec une excitation débordante, il n’arrive pas à gérer et tous les troubles qui m’ont été décrits précédemment par les parents, s’expriment immédiatement.

Robin choisit son cheval : Phoebus. Même s’il n’est pas encore en capacité de canaliser son monde interne pulsionnel, Robin nous montre au travers de ce choix son désir d’apaisement. En effet, il aurait pu choisir un cheval qui stimule et exacerbe cette excitation, mais non. Il choisit un cheval très calme et apaisant, le doyen de la cavalerie.

equiphoriarobin1

Robin et Phoebus

Lire la suite

Caroline reprend les rênes

Comme un oiseau qui ne peut plus voler, comme un poisson qui ne peut plus nager… Caroline n’arrive plus à marcher… Elle souffre d’une maladie neurodégénérative.

Les jambes de Caroline s’affaiblissent petit à petit… Elle perd la force, l’énergie… Les chutes lui enlèvent l’espoir et l’envie de lutter… Caroline se sent impuissante, perdue dans un labyrinthe sans issue. La peur la paralyse, son corps ne répond plus, ses jambes ne sont plus ses jambes. Elle n’a plus le contrôle de son corps, de sa vie.

Dans cette défaite au quotidien, Caroline oublie une chose : sa force intérieure. Car en fait, ce ne sont pas ses jambes qui la contrôlent, c’est elle qui contrôle ses jambes. C’est elle l’actrice de son présent et de son futur, de sa vie. Le choix lui appartient. Et pour cela, elle doit reprendre les rênes de sa vie, décider de lutter et de surmonter la peur de la chute qui la paralyse.

Caroline reprend les rênes

Caroline reprend les rênes

Lire la suite

Equiphoria, c’est aussi ça…

Un de nos anciens patients revient lors d’une séance. Nous ne l’avons pas vu depuis plusieurs mois. Jacques est atteint d’une maladie très grave, il est affaibli, et son visage est méconnaissable. Une de ses éducatrices lui a demandé s’il souhaitait revoir son cheval Zipper, lui qui avait établi un lien si fort avec ce dernier durant tout son programme. Jacques accepte.

equiphoria-zipper

Zipper

Lire la suite

Une curiosité à la mesure d’Ursula…

J’imagine que quand vous pensez au travail d’une kiné, la dernière chose qui vous passe par la tête est une personne qui court à côté d’un cheval. Et pourtant, c’est dans ces moments-là, quand je cours avec Ursula, que je réalise le chemin que j’ai parcouru jusqu’ici, et que toutes mes expériences vécues prennent un sens.

Sa beauté éclatante avec sa crinière blonde et ses petits yeux joyeux me transporte dans mon enfance, à l’envie de jouer, de découvrir… et je me rappelle étant petite de ce que ma mère me disait :  »la seule chose dont tu peux avoir peur c’est l’inconnu ».

equiphoria_ursula1

Ma collègue Ursula

Lire la suite