Ma première rencontre entre le cheval et l’homme

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Aurore en séance avec Olga

Equiphoria accueille pour la première fois Sylvain, un jeune homme atteint de psychose. Il est fragile, replié sur lui-même et lorsque je m’adresse à lui, son regard me fuit et le son de sa voix est inaudible.

Sylvain découvre ce nouveau lieu avec un mélange d’émerveillement et de peur. Sa démarche est en proie aux stéréotypies et aux mimiques. Arrivé, il erre comme s’il attendait de découvrir un but, un objectif. C’est la rencontre avec sa jument Olga, qui va lui permettre de retrouver une force pour surmonter ce monde sans aucune frayeur. Olga lui apporte ce sentiment de contenance physique et psychique qui le canalise.

Jour après jour, les changements deviennent visibles et surprenants. Peu sûr de lui au début, Sylvain tente de guider Olga avec un fort besoin d’étayage des professionnels. Seul, auprès de sa jument, il fait des petits tours sur lui-même. Les exercices au sol avec ce compagnon qu’est le cheval vont lui permettre de travailler sur ses émotions. L’humain ne peut duper le cheval qui pointe cette partie de nous que l’on tente de dissimuler au monde entier, ce centre, cette partie qui se cache sous des multiples couches d’inhibition. Le fait de travailler côte à côte va amener Sylvain à découvrir ses émotions, mettre des mots dessus et tenter de les canaliser pour travailler avec Olga. Sous les yeux de ses parents, Sylvain va se dépasser. Le cheval va l’amener dans un lieu immergé depuis longtemps, un lieu qui renferme une grande combativité.

C’est ensuite sans aucune peur que Sylvain va relever le défi de la voltige. Son pas est chaque jour plus assuré, son objectif se définit. Le premier pansage laborieux envers Olga finit par un pansage sans fausse note, il gagne en autonomie, il ne déambule plus autour du cheval.

Le plus plaisant est cette force qui va grandir chez ce jeune homme, lui donnant un objectif, une assurance, une envie de finir ce qui a été entrepris. Les parents, spectateurs de ce changement, eux aussi touchés par l’évolution de leur fils, regardent ce travail qui va leur donner la force de continuer et d’avancer.

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Olga, une collaboratrice au coeur d’or.

Pourquoi évoquer ce cas clinique alors que ma pratique m’amène à rencontrer plusieurs résidents par jour ? Parce-que ce patient m’a conduite à ce moment où le clinicien se demande : Quelle est ma place ? Comment vais – je aider un jeune homme errant dans le noir et souffrant d’un aspect déficitaire de cette maladie, la psychose ? Comment trouver ma place en tant que thérapeute auprès du cheval, plus intuitif que n’importe quel être humain ?

C’est dans ce premier programme court, dans cette première rencontre entre le cheval et l’homme que je tente de saisir ma place, trouver un sens à ma pratique. Je ne vois plus le cheval comme un médiateur qui me permet de rentrer en relation avec le patient mais comme un collaborateur, un animal qui va me guider et éclairer ma lanterne dans les plus profondes noirceurs de la maladie. Là où le clinicien se retrouve dans la difficulté d’avancer car le contre-transfert l’envahit et le cristallise dans l’élaboration de la clinique, le cheval vient apporter cette collaboration si précieuse pour guider le thérapeute vers la lumière d’un éclairage clinique. Lui et moi travaillons ensemble pour Sylvain et sa famille. Et c’est lorsque notre jument amène Sylvain vers des terres inconnues, imprévisibles et inexploitées que je peux aborder le sujet du mal-être des parents et les aider à transformer leur regard posé sur leur fils qui évolue, se transforme chaque jour dans le manège en compagnie d’Olga.

Le manège, lieu à Equiphoria où tant de petites choses se passent jour après jour échappant au clinicien et le laissant dans un questionnement sans réponse.

Le programme de Sylvain s’est déroulé il y a cinq mois et aujourd’hui encore je cherche des réponses à ces innombrables questions. Mon innocence et mon manque de connaissances sur le monde du cheval m’ont fait penser cet animal comme commun à tous les autres. Cette profession me fait me rendre compte de son exception. En effet, le cheval est doté d’une sensibilité et d’une finesse d’esprit hors normes qui dépassent l’humain avec son instinct primitif inhibé. C’est alors que j’entrevois et découvre pas à pas ce lien si merveilleux entre l’humain et le cheval …

Aurore

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4 réflexions sur “Ma première rencontre entre le cheval et l’homme

  1. coucou,
    merci d »avoir mis une photo de moi sur votre blog. Olga est vraiment super génial et toute l’équipe également. Bref je suis très contente de faire partie de se programme de recherche Gros bisous

    Anouck

  2. Coucou tout le monde,

    Je voudrais vous remercier, d’avoir mis une photo de moi sur le site internet dans la rubrique NOS PROGRAMMES. Cela m’a fait énormément plaisir. J’espère que Olga va bien. Vous me manquez, en espérant revenir très vite. Gros bisous à bientôt.

    Anouck

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